5 centimètres par secondes…
Le premier épisode est donc centré sur Akari et Takaki, surtout Takaki… Difficile de ne pas s’attacher à ce personnage tant il semble souffrir durant son voyage en train… Difficile aussi de ne pas s’émerveiller devant les décors, votre oeil ne peut qu’être ensorcelé par la beauté des paysages. C’est LA force de ces 3 films, les personnages évoluent au sein d’un univers gigantesque constament en mouvement (il pleut, il neige, les nuages passent, le vent souffle dans les feuilles des arbres…). Tout ceci renforce la facilité à rentrer dans l’histoire et par là à nous identifier aux héros.
Le second film nous projette quelques années plus tard; Takaki est étudiant, et vie sa vie d’étudiant sans Akari qui, elle, est à l’autre bout du pays. Kanae, une autre élève de l’école de Takaki tombe secrètement amoureuse de Takaki mais est trop timide et peu sûre d’elle pour en discuter avec le principal intéressé, d’autant qu’elle sent que Takaki pense à quelqu’un d’autre. Cependant elle va essayer de se prendre en main et surmonter ça pour faire comprendre à Takaki à quel point elle tient à lui.
Cet épisode est moins centré sur Takaki, mais plus sur Kanae pour qui on se prend d’affection immédiatement, tant elle a peur de mal faire avec Takaki et tant elle souffre elle aussi… C’est peut être l’épisode que j’ai préféré des trois, notament parceque c’est sûrement celui qui possède les plus belles images mais aussi pour le personnage de Kanae en lui même dont on va vraiment sentir l’évolution au fur et à mesure…
Le troisième et dernier épisode nous propulse plusieurs années plus tard… Takaki est adulte et vie à Tokyo, il est programmeur informatique… Sans petite amie, il vit seul avec ses souvenirs d’Akari… Un beau jour, alors qu’il se balade en ville, il croît la croiser mais n’en n’est pas sûre… Akari l’a t’elle attendu elle aussi? Eprouve t’elle toujours des sentiments pour lui? Ou a t’elle tourné la page? Tant de questions que se pose alors Takaki…
Vous l’aurez compris la relation amoureuse à distance est vraiment LE fil directeur de 5cm par secondes… Et en corollaire de ce thème, la question est aussi de savoir si un amour d’enfance peut marquer à jamais et ce même jusqu’à la vie d’adulte… La réponse de Makoto Shinkai est plus qu’évidente: oui.
J’ai littéralement adoré ces 3 épisodes. Si au départ n’avoir que 3 personnages peut sembler limite, c’est en fait un véritable tour de force, car ces 3 personnages sont réellement attachant, et même dans le triangle amoureux du 2ème épisode, je n’arrivais pas à choisir « mon camp« … Certains peuvent reprocher au film d’être trop « lent », personellement, j’ai adoré le rythme lent et posé… On se retrouve emmené dans une poésie finalement, plus mélancolique que joyeuse mais malgrés tout, on a pas envie que cela finisse, car au plus profond de nous on est ému et touché par une histoire terriblement simple certes mais terriblement triste également.
Je ne peux que vous recommander ces 3 petits épisodes qui forment une oeuvre pleine et remplie. C’est aussi l’occasion de voir que l’animation 2D a encore de sacré beau jour devant elle malgré ce que veut bien vous faire croire Dreamworks et compagnie. L’animation japonaise n’a rien à envier à l’animation occidentale, ni sur le plan technique, ni sur le plan de la maturité scénaristique… Non vraiment ce n’est pas méchament que je dis ça, mais je m’insurge encore une fois par le manque de considération occidentale envers l’animation japonaise (vous allez me dire « tu te fous de ma geule là, on a bouffé du DBZ, saint seya, Naruto, FMA depuis toujours » et je vais vous répondre: « Oui, mais il n’empêche que dans les salles obscurs, ce n’est pas ça que l’on retrouve [Exception faite de DBZ certes..]« )… C’est toujours la même on crit à l’exploit devant Shrek (qui si le numéro un tenait largement la route, on ne peut pas en dire autant du troisième volet!) et autres prouesses techniques en 3D qui contiennent toujours les mêmes blagues et les mêmes conneries, on prend toujours les animaux en se disant « ouai ça fait classe, on se là joue genre Fable de La Fontaine » sauf qu’il y a longtemps que ces métaphores sont devenues ridicule, surtout quand elles perdent tout leur impact caricaturale…. Vous allez me dire, mais c’est aussi parce que c’est destiné pour un public jeune, et vous avez raison sur ce point… Mais vous ne m’ôterez pas de la tête que c’est l’animation 3D qui a fait disparaître l’animation classique de l’Europe et des Etats-Unis…
Tournez vous vers l’animation classique japonaise, avec des oeuvres comme 5 centimètres par secondes, et vous comprendrez ce que « animation pour adulte » veut dire…
En espérant une éventuelle sortie française… Mais…. Euhhhh…. Non faut pas rêver…





