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Peut-être avez-vous entendu que Dany Boon s’est vu remettre les insignes de chevalier de la Légion d’honneur par le président de la République française. Personellement, je trouve cette récompense intrinsèquement ridicule, mais ce n’est pas comme si c’était la première fois que la Légion d’Honneur était remise à n’importe qui; pauvre Napoléon, il doit se remuer dans sa tombe quand il voit ça. Rappelons quand même que la Légion d’Honneur est décerné pour « Conduite civile irréprochable et méritante ou faits de guerre exceptionnels après enquête officielle« . Autant vous le dire tout de suite, je trouve que Dany Boon en est loin. Mais passons, je ne suis pas là pour faire un réquisitoire contre Dany Boon, ce qui me dérange plus, c’est que le cinéma français ne soit plus représenté uniquement que par des comédies « franchouillarde » de bas niveau.

Qu’on soit claire, je n’ai rien contre ce type de cinéma, qui de tout temps a toujours existé (Les Gendarmes, Les Bronzés, Les Sous-Doués et j’en passe), mais quand toute l’industrie cinématographique française tourne autour de ça, je me dis que le cinéma français a quand même un gros problème. Chaque semaine, les salles françaises sont innondées d’imbécilitées toujours plus niaises et réchauffées les unes que les autres… Les acteurs? On les connaît tous; Dubosc (ne cherchez pas, ce mec n’a qu’un registre: le sien. A chaqune de ses répliques on s’attend toujours à ce qu’il nous sorte un: « pour toi public »), Dujardin (qui risque bientôt de s’envoler tellement il pète plus haut que son cul), Michael Youn (qui n’est plus que l’ombre de lui-même depuis la glorieuse époque du Morning Live), Mathilde Seigner (elle, les producteurs doivent bien l’aimer, car pendant la promo des films elle fait le spectacle partout où elle passe, donc ça fait du buzz c’est bien) je pourrais continuer la liste encore longtemps mais je crois que je vais m’arrêter là.

Evidemment, à chaque film, on sait comment ça va finir, biensûre on rigole de temps en temps, comme on rigole en regardant une caméra cachée… A la différence près que le film a coûté presque 100 fois plus qu’une caméra cachée et que chaque semaine des millions de personnes repayent pour revoir les mêmes conneries. Alors attention, je ne prétends pas dicter aux gens ce qu’ils doivent aller voir ou pas, mais quand les français sont plus de 20 millions à aller voire Bienvenue chez les Chtis, qu’ils ne viennent pas pleurer parce que tous les mercredis on leur sert la même soupe: on a le cinéma que l’on mérite.

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Alors certes, j’éxagère, il y a des productions françaises qui valent le coup; je pense (forcément) à Saint Ange de Pascal Laugier, Frontiers de Xavier Gens, Dorothy de Agnès Merlet, Johny Mad Dog de Jean-Stéphane Sauvaire, 36 Quai des Orfèvres d’Olivier Marchal et d’autres, mais biensûre on passe pour un extra terrestre quand on parle de ce genre de film à un « français moyen » pourtant ces films sont encore la preuve qu’il existe une alternative à un cinéma français culcul gnangnan… Le problème est que ce petit rayon de lumière risque de ne plus briller pour très longtemps et qu’ailleurs le constat est bien différent. En faisant un petit détour chez nos voisins espagnols ont constatera par exemple que le 2ème meilleur démarrage de tous les temps a été fait par l’Orphelinat (film fantastique espagnol) ou tout simplement le plus gros succès de tous les temps au box office espagnol. Oui, mes amis, ça fait rêver, d’autant que chez nous en France il est péniblement arrivé aux 200 000 entrées. J’en arrive donc à la triste conclusion que les spectateurs français sont majoritairement des bobos anencéphales sans culture cinématographique.

Ah par contre, pour cracher sur le cinéma américain, là il y a du monde au balcon, mais avant de s’occuper du cul du voisin, il faut toujours commencer à s’occuper du sien. Certes le cinéma américain produit une bonne paires de navets qui ne valent pas mieux que les « perles » du cinéma français, mais à côté de ça, il produit sans complexe des tas d’autres films où tout le monde peut trouver son compte, un film noir comme The Dark Knight peut être marketter et propulser comme un blockbuster sans aucun problème. Souvent j’entends des français parler du « puritanisme » américain d’une manière presque moqueuse mais franchement, entre le public américain et le public français, je crois que celui qui a le plus gros balais dans le cul c’est bien le public français. Dans mon entourage proche, j’ai des gens qui sont par exemple convaincus que les films d’horreurs sont responsables des meurtres et autres actes de barbareries dont on nous abreuve quotidiennement aux informations. Quand on en arrive à ce genre de remarques dans une discussion j’ai rapidement tendance à m’énerver assez rapidement. Ce que je pense, c’est que les films d’horreur et violents sont une conséquence de la violence de la société et non l’inverse (Hitler n’a pas attendu Hostel ou Texas Chainsaw Massacre pour ouvrir les camps de concentrations), d’ailleurs si vraiment les films auraient un impact profond sur notre conscience et nos actes, je pense qu’en France, avec tous les films niais et puant la guimauve qu’on nous sert toutes les semaines on serait tous en train de se rouler dans l’herbe en fumant des joints et en se roulant des pelles.

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Les films d’horreurs sont un symptôme d’une société ultra violente agissant plus comme un catharsisme, un éxutoire, un défouloir qu’en réel vecteur de violence. Au-delà de l’aspect sociétal de ce genre de film, je pense comme le souligne Stephen King dans son « Anatomie de l’Horreur » que le téléspectateur ou le lecteur d’oeuvre horrifique recherche d’abord une sorte de séance de répétition à sa propre mort, on regarde un film d’horreur pour avoir sa décharge d’adrénaline, mais aussi pour se sentir inconsciemment rassuré après en se disant « de toute façon notre propre mort ne pourra pas être pire« .  Des études ont montré que quelques heures après la vision d’un film d’horreur, le corps sécrète des endorphines plus que la normale. Les endorphines étant ni plus ni moins que les hormones responsable de la sensation du bien être. Après ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne suis pas en train de vouloir obliger tout le monde d’aller voir des films d’horreur, mais je voudrais simplement pointer du doigt cet espèce de dogme qui veut que si on aime les films d’horreur on est forcément un peu psychopathe sur les bords (si personne dans votre entourage ne vous le dit, vous avez beaucoup de chance, croyez-moi). Je pense sincèrement que les films d’horreur, les jeux violents évitent plus d’actes violents qu’ils n’en entraînent.

Mais le problème du cinéma français n’est pas que concentré dans le cinéma de genre, il est généralisé à tous les genres; les comédies sont enrouées dans un carcan bienpensant (quand on voit ce que les anglais font, on se dit qu’on est loin du compte), les films d’actions/SF/Fantastique (ah ben il n’y en a pas en fait!), les films de guerre (Ha! Chaque année on a droit à notre téléfilm évènement pour nous parler des résistants et de De Gaulle… Je pense qu’on a tous compris le rôle et l’importance de ces derniers, on peut passer à autre chose maintenant?). Dans le domaine des séries télé je pense que l’on s’en sort un peu mieux, mais les réussites se comptent chaque année sur les doigts d’une main (citons Braquo pour cette année). Globalement le cinéma et la télévision française sont d’une pauvreté abyssale. La télévision française, parlons en un instant, les émissions critiques n’existent presque plus. Il reste bien On n’est Pas Couché, où Zemmour et Naulleau sont les vestiges d’un art ancien presque disparu: celui de la critique, la vraie. Malheureusement un « artiste », quand il vient sur un plateau de nos jours, ce n’est pas pour entendre la critique de son livre ou de son film mais pour en faire la promo. Les plus beaux exemple sont ceux de Cali (qui a clairement dit: « si vous aimez mon disque dites-le sinon fermez votre gueule ») ou Michael Youn refusant de discuter avec quelqu’un qui trouve que son « oeuvre » n’est pas ce qu’il y a de plus intellectuels (!).

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En conclusion, nous vivons dans un pays cadenacé par les schémas de la bienpensance artistiques, à cause d’artiste qui ne sont plus vraiment des artistes mais des stars, mais aussi à cause d’un public qui majoritairement préfère s’enorgueillir de propulser des comédies moultes fois réchauffées sur le podium du box-office plutôt que de soutenir des oeuvres authentiques et singulière (Johny Mad Dog, je le répète!). Pire, le public français s’outre quand dans un film américain, les français sont représentés par des pépés avec une baguette et un béret alors qu’ils font de Bienvenue Chez Les Chtis (qui en matière d’éxagération de clichés détient la palme) le plus grand succès français de tous les temps…

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